1. Outils de gestion des logiciels

Résumé

Une fois l'installation de votre serveur complété, vous aurez sans doute besoin d'installer ou d'enlever des logiciels. Avec Mandriva Corporate Server 4, vous avez 2 options pour accomplir ces tâches : en mode graphique avec Rpmdrake (voir Section 1.3, « Gestion des logiciels avec Rpmdrake ») ou en mode texte. La dernière option se compose de urpmi pour l'installation et la mise à jour, de urpme pour retirer des paquetages RPM, urpmf et urpmq pour faire des recherches dans la base de données RPM. Ces logiciels sont également la fondation dernière Rpmdrake.

1.1. Installation et mise à jour de RPM avec urpmi

1.1.1. Notions de base

Le but principal de urpmi est de simplifier le téléchargement et l'installation de paquetages RPM. Les logiciels RPM contiennent souvent des dépendances : urpmi reconnaît ces dépendances, télécharge les paquetages requis et retire les paquetages déjà installés susceptibles d'entrer en conflit.

urpmi récupère la liste des RPM disponibles et les RPM à partir d'un média source. Pour simplifier, un média source se décrit par un nom et une location spécifiée par un URL. Actuellement, les médias supportés incluent les disques locaux, des disques amovibles tels que des CD, des images ISO, et des médias réseau via différents protocoles (http, ftp, ssh et rsync). Les partitions réseau montées via NFS sont traitées comme des disques locaux.

1.1.2. Installer des RPM

Voici les options des base de urpmi:

urpmi <liste de noms de RPM>

Cette commande demande à urpmi d'aller chercher et d'installer tous les paquetages et leurs dépendances à partir du média configuré. Dans ce processus, urpmi peut demander des questions. Par exemple, si un paquetage déjà installé a besoin d'une mise à jour, urpmi vous demandera d'accepter cette mise à jour. Si certains paquetages doivent être retirés (à cause de conflit avec le RPM que vous voulez installer), vous devrez aussi le confirmer. Dans certains cas, urpmi vous proposera également des choix entre différentes alternatives, habituellement la « meilleure » proposition sera choisie par défaut.

Une autre fonctionnalité très utile de urpmi est de mettre à jour tous les paquetages à la dernière version disponible sur le média. Pour ce faire, utilisez la commande suivante :

urpmi --auto-update

urpmi peut également installer des fichiers RPM directement. Plutôt que d'utiliser rpm -i foobar.rpm, vous pouvez passer le chemin du fichier RPM à urpmi et celui-ci tentera de résoudre les dépendances requises :

urpmi /home/user/foobar.rpm

Voici quelques options utiles pour urpmi :

--auto

Mode automatique : urpmi ne pose pas de question et choisit toujours la sélection par défaut.

--test

Pour tester l'installation de paquetages sans installer ou modifier le système.

--media *media1,...,mediaN*

Cette option force urpmi à utiliser le média spécifié, plutôt que la sélection par défaut (tous les médias). Vous pouvez également utiliser une sous-chaîne de caractères afin que urpmi utilise tous les médias contenant cette sous-chaîne dans leur nom. Par exemple, urpmi --auto-update --media sous-chaîne cherchera des mises à jour sur des médias contenant « update » dans leur nom.

Consultez le man page de urpmi(8) pour plus d'informations.

1.1.3. Gestion des médias avec urpmi

1.1.3.1. Ajouter un média

urpmi est utilisable seulement lorsqu'au moins un média est défini. Habituellement, l'installation du système configure une sélection prédéfinie de médias, correspondant à la méthode d'installation utilisée : les CD d'installation, un serveur HTTP ou FTP si vous installez depuis un réseau. Pour ajouter des médias, utilisez urpmi.addmedia :

urpmi.addmedia [options]
   <name> <url> [with hdlist]

Dans cet exemple, <name> est le nom du nouveau média, <url> est l'URL où se trouvent les RPM, et le paramètre « with » permet de spécifier le fichier de description du contenu du média.

Les URL supportées peuvent être : http://, ftp://, rsync://, ssh:// (qui utilisera rsync sur ssh), file://, et removable://. removable:// fonctionne comme file://, en indiquant à urpmi que le répertoire est monté à partir d'un média amovible comme un CD ou un DVD. Si le média requiert une authentification, vous pouvez utiliser la syntaxe usuelle URL :

<scheme>://<login>:<pass>@host/path

Ces informations ne seront pas conservées dans un fichier humainement lisible.

Dans certains cas, si votre média pointe vers un serveur HTTP ou FTP externe, vous aurez peut-être besoin de passer par un mandataire (proxy). Utilisez les options --proxy et --proxy-user, la seconde étant requise si votre serveur nécessite une authentification.

1.1.3.2. Supprimer un média

Il s'agit d'un opération très simple. Pour supprimer un média nommé foo, utilisez simplement la commande :

urpmi.removemedia foo
1.1.3.3. Mise à jour des médias

Certains médias ne changent jamais, le CD-ROM par exemple. Par contre, d'autres médias, typiquement les mises à jour, sont en croissance. De nouveau RPM sont ajoutés et les obsolètes sont retirés. En conséquence, avant de les utiliser, vous devez indiquer à urpmi que leur contenu peut avoir été changé.

Pour ce faire, utilisez le programme urpmi.update. Vous pouvez mettre à jour tous les médias :

urpmi.update -a

Vous pouvez également spécifier le média à mettre à jour :

urpmi.update updates-one updates-two
1.1.3.4. Créer votre propre média

La façon la plus simple de créer votre propre média consiste à laisser urpmi.addmedia le faire pour vous. Par contre, cette procédure fonctionnera seulement si vous avez un petit nombre de RPM sur votre disque ou sur un disque réseau partagé par NFS. Pour ce faire, en assumant que vos RPM sont dans un répertoire /var/my-rpms, tapez la commande :

urpmi.addmedia my-media /var/my-rpms

Pour un média contenant une vaste quantité de RPM ou si vous voulez placer votre média sur un serveur partagés, vous devrez utiliser l'outil gendistrib. Celui-ci est disponible dans le paquetage rpmtools. Il génère un arbre miroir pour un ou plusieurs médias.

Un dépôt média typique, sous le répertoire racine /ROOT/, possède la structure suivante (nous avons 2 médias, nommés « first » et « second ») :

    ROOT/ - media/
    |- first/
    |   `- media_info/
    |- second/
    |   `- media_info/
    `- media_info/

Les RPM sont placés dans les sous-répertoires first et second. Le dépôt de métadonnées est conservé dans le répertoire de premier niveau media_info. Les métadonnées par média sont contenues dans les sous-répertoires first/media_info et second/media_info.

Les métadonnées par média sont composées d'un fichier hdlist.cz contenant une en-tête compressée (gzipped) des RPM du média, un fichier synthesis.hdlist.cz (beaucoup plus petit que hdlist) contenant seulement les informations nécessaires à urpmi pour résoudre les dépendances, et si nécessaire, un fichier pubkey si les RPM sont signés (pour que urpmi puisse vérifier que les RPM qu'il télécharge sont signés avec la clé associée à ce média.)

Avant d'utiliser gendistrib, vous devez créer un fichier media_info/media.cfg pour décrire ce dépôt. La syntaxe de ce fichier rappelle celle d'un fichier .ini. Il contient un fichier par média 

[first] hdlist=hdlist_first.cz name=First
    supplementary media

Dans l'exemple précédent, first est le répertoire, hdlist_first.cz est le nom du fichier hdlist qui sera créé (il devra se terminer par .cz), et name= donne une description du média.

Ensuite, vous pouvez lancer gendistrib. Vous devriez lui passer comme paramètre le répertoire /ROOT/. Il générera ensuite les fichiers hdlist et synthesis et tous les autres fichiers requis pour l'opération adéquate d'un dépôt.

Pour en savoir plus, consultez la man page gendistrib(1).

1.1.4. Commande d'installation en parallèle : urpmi-parallel

urpmi-parallel est un ajout utile à urpmi pour installer des paquetages sur plusieurs hôtes d'un réseau. Il lance une commande urpmi en parallèle sur un nombre défini de clients. Plus précisément, la machine sur laquelle vous lancez la commande (le serveur) teste les résultats sur chaque machine du groupe (les clients) un par un, télécharge les paquetages nécessaires pour chaque machine, distribue les paquetages appropriés à chaque machine, puis appelle urpmi sur la machine pour effectuer l'installation.

urpmi doit être installé sur chaque client, mais il n'est pas nécessaire que chaque client ait un média défini.

Pour l'utiliser :

  1. Assurez-vous de pouvoir utiliser ssh vers chaque client (vous pouvez utiliser ssh-add sur le serveur pour éviter d'enter votre mot de passe chaque fois).

  2. Installez urpmi-parallel-ssh ou urpmi-parallel-ka-run sur le serveur. Le premier plugin utilise simplement ssh pour distribuer des commandes aux clients, alors que le second utilise ka-run, une méthode de parallélisation efficace que vous pouvez utiliser avec rsh ou ssh, qui est bien adaptée au grappe de serveurs.

  3. Éditez /etc/urpmi/parallel.cfg afin d'obtenir quelque chose de similaire à :

    mynetwork:ssh:host1:host2:host3

    Sur cette ligne, mynetwork est le nom de l'alias que vous allez utiliser pour spécifier le réseau à urpmi; ssh est la méthode d'installation (pour utiliser ka-run, vérifier l'entrée pour /etc/urpmi/parallel.cfg dans urpmi.files(5)), et hostN sont les noms des clients sur votre réseau. Vous pouvez mettre localhost dans cette liste.

  4. Lancez la commande urpmi: par exemple, pour installer « package_name »:

    urpmi --parallel
         mynetwork package_name

1.1.5. Retour en arrière : urpmi.recover

L'outil urpmi.recover vous permet de gérer des retour en arrière de RPM. Bien que rarement utilisé, RPM peut « repackager » les RPM qu'il désinstalle (soit parce qu'ils sont mis à jour ou simplement effacés) puis réinstallé les RPM repackagés, restaurant ainsi le système à un état précédent (avec un peu chance, plus stable).

urpmi.recover offre trois fonctions principales :

Définir un point de reprise (checkpoint)

urpmi.recover --checkpoint est utilisé pour définir un point dans le temps alors que le système est stable. À partir de ce point, des informations seront conservées pour permettre le retour en arrière vers cet état (ou un état ultérieur au point de reprise).

Listes des installations précédentes

urpmi.recover --list date permet de lister chronologiquement toutes les installations et les mises à jour de votre système jusqu'à la date spécifiée. Les résultats sont groupés par transaction d'installation. Cette option possède deux variantes : « --list-all » and « --list-safe ». En voici des exemples :

  • Afficher toutes les installations réalisées depuis hier :

    urpmi.recover --list '1 day ago'
  • Afficher toutes les installations réalisées depuis le 7 février 2006 :

    urpmi.recover --list 2006-02-07
  • Afficher toutes les installations réalisées depuis le point de reprise.

    urpmi.recover --list-safe
  • Afficher toutes les installations et mises à jour connues par la base de données RPM :

    urpmi.recover --list-all
Réaliser le retour en arrière

urpmi.recover --rollback permet d'effectuer un retour en arrière des installations et mises à jour vers un point précédent (notez qu'il est impossible de revenir avant le date du point de reprise). Cette fonction a deux variantes :

  • Retourner en arrière vers une date précise :

    urpmi.recover --rollback <date>

    La date peut être une durée (par exemple, « 2 heures plutôt ») ou une date selon le format suivant : « YYYY-MM-SS hh:mm ».

  • Revenir en arrière selon un nombre de transactions :

    urpmi.recover --rollback <nombre de transactions>

Dans les deux cas, prenez garde de ne pas revenir avant la date du point de reprise.

Une fois la date du point de reprise définie, lorsque vous utiliserez urpmi, urpme ou directement rpm pour gérer vos logiciels, le vieux RPM sera conservé dans /var/spool/repackage. Assurez-vous d'avoir suffisamment d'espace disque pour entreposer tous les RPM repackagés.

Techniquement, la définition d'un point de reprise équivaut à écrire un fichier /etc/rpm/macros.d/urpmi.recover.macros qui s'impose au-dessus des macros RPM pour établir les fonctions de repackaging de rpm. Vous pouvez changer le %_repackage_dir si vous désirez éviter de conserver les RPM repackagés dans /var/spool/repackage.

Si vous désirez désactiver les fonctionnalités de retour en arrière et de repackaging, ainsi que nettoyer le répertoire, utilisez urpmi.recover --disable. Soyez prudent, il ne sera plus possible d'effectuer des retours en arrière.

1.1.6. urpmi restreint

urpmi possède un équivalent plus sûr : rurpmi. Il est très similaire à urpmi, et possède une gamme de fonctionnalités limitées. Il a été conçu pour être utilisé par des usagers n'ayant pas les droits d'administration root, mais plutôt les privilèges sudo seulement. Ceci prévient les abus pouvant compromettre le système.

La syntaxe de rurpmi est similaire à urpmi, mais prévient l'installation arbitraire de RPM. Ils doivent provenir d'une source média enregistrée. Aussi, certaines options dangereuses sont également interdites. Consultez le man page de rurpmi(8) pour en avoir la liste.

1.1.7. Supprimer des RPM avec urpme

L'outil pour désinstaller des RPM se nomme urpme. Par exemple :

urpme <liste des
   paquetages> 

Cette commande tentera de supprimer tous les paquetages listés ainsi que leurs dépendances. Il refusera de désinstaller les paquetages « importants » (faisant partie du système de base, par exemple).

Voir la man page de urpme(8) pour connaître toutes les options prises en charge par urpme.

Notez que urpme n'est pas en mesure de détecter des paquetages inutiles. Par exemple, une bibliothèque qui n'est pas utilisée. Pour faire du nettoyage, rpm-find-leaves est un outil pratique. Il affichera tous les RPM présents sur votre système qui ne sont requis par aucun autre paquetage.

1.2. Rechercher des paquetages avec urpmf and urpmq

1.2.1. urpmf

urpmf est une sorte de grep pour la base de données de urpmi (la BD de tous les RPM d'un média). Par défaut, il cherchera dans les noms de fichiers contenus sur un média, mais une variété d'options permettent des recherches avancées.

Par exemple, pour trouver tous les paquetages commençant par apache- :

urpmf --name '^apache-'

Le ^ est l'indicateur de début de ligne standard utilisé dans les expressions régulières.

Pour trouver tous les paquetages contenant des fichiers dont le nom contient  /etc/httpd.conf.d :

urpmf /etc/httpd.conf.d

Pour trouver tous les paquetages qui fournissent mail-server avec leur version et leur numéro (-f) :

urpmf --provides -f
   mail-server

Consultez la man page de urpmf(8) pour plus d'exemples et la liste de toutes les options.

1.2.2. urpmq

L'outil urpmq permet de rechercher dans la base de données de urpmi. Il permet plusieurs modes d'opération, en voici quelques-uns particulièrement intéressants :

urpmq -i package

Affiche les informations de ce paquetage (comme rpm -qi pour un paquetage installé). L'option --summary est similaire, mais retourne l'information résumée en une ligne.

urpmq --source package

Retourne l'URL d'origine du paquetage.

urpmq -d package

Affiche la liste de tous les RPM requis par le paquetage spécifié (récursivement).

Inversement, urpmq -R package donne la liste des RPM qui requiert le paquetage sélectionné.

Référez-vous à la man page de urpmq(8) pour en connaître toutes les options.

1.3. Gestion des logiciels avec Rpmdrake

La gamme d'outils urpmi est conçue pour le mode texte. Vous pouvez également utiliser l'outil en mode graphique Rpmdrake. Il se compose de plusieurs parties accessibles en choisissant une des entrées du menu principal Système+Configuration+Paquetages ou directement en cliquant sur Gestionnaire de logiciels dans le Mandriva Linux Control Center.

Figure 5.1. Gestion d'applications dans le Centre de contrôle Mandriva Linux

Gestion d'applications dans le Centre de contrôle Mandriva Linux

Nous vous recommandons d'accéder à Rpmdrake via le Mandriva Linux Control Center.

1.3.1. Installer des logiciels

Au démarrage, Rpmdrake effectue une recherche dans la base de données de paquetages disponibles. Puis, l'interface Installation de paquetages logiciel s'affiche.

Figure 5.2. Installation des paquetages logiciels

Installation des paquetages logiciels

La fenêtre se divise en quatre zones : la partie supérieure offre plusieurs options pour afficher la liste des paquetages disponibles. Cette liste se trouve au milieu à gauche. À sa droite s'affiche la description du paquetage sélectionné. Enfin, le bas de la fenêtre comprend la barre d'état avec deux boutons et des informations sur la taille des paquetages sélectionnés par rapport à la place disponible sur votre système.

[Note] Note

De plus, une barre d'état située dans la partie inférieure de la fenêtre affiche des messages concernant les actions en cours ou complétées.

1.3.1.1. Sélection des paquetages à installer

Dans, Figure 5.2, « Installation des paquetages logiciels », le paquetage nommé frozen-bubble-1.0.0-7mdk est sélectionné dans la vue arborescente. Dans la zone de description, on retrouve l'espace disque nécessaire, un intitulé (« Frozen Bubble arcade game »), suivi d'une description détaillée. Remarquez que la description peut être en anglais.

[Astuce] Astuce

Si vos médias de sources de paquetages sont configurés pour utiliser les listes complètes de paquetages (et non pas les fichiers de résumé synthesis : le format complet hdlist est cependant utilisé par défaut), vous pouvez obtenir plus d'informations sur un paquetage en cochant Informations maximales. De plus, les fichiers contenus dans ce paquetage ainsi que l'historique des modifications (changelog).

La barre d'état vous informe de l'espace disque requis pour l'installation des paquetages que vous avez sélectionnés ainsi que l'espace disponible. Remarquez que l'espace requis peut être supérieur à la taille du paquetage en lui-même. Ceci est dû à la nécessité d'installer ses dépendances.

[Note] Note

Rpmdrake affichera un avertissement si vous tentez d'installer plus de paquetages que l'espace disque ne le permet. Vous pouvez néanmoins continuer après avoir effacé du disque des fichiers dont vous n'avez plus besoin.

Lancez l'installation en cliquant sur Installer. Une nouvelle fenêtre apparaît montrant la progression du processus d'installation. Si vous préférez quitter en n'installant aucun logiciel, utilisez Quitter.

Pendant la sélection, il se peut que vous choisissiez un paquetage qui a lui même besoin d'autres paquetages (bibliothèques ou autres nécessaires à son bon fonctionnement). Dans ce cas, Rpmdrake affiche un avertissement présentant la liste des paquetages nécessaires (dépendances). Vous pouvez soit accepter, soit Annuler l'installation (Figure 5.3, « Rpmdrake — alerte de dépendances »).

Figure 5.3. Rpmdrake — alerte de dépendances

Rpmdrake — alerte de dépendances

Il peut aussi arriver que plusieurs paquetages différents soient en mesure de fournir une même dépendance. La liste de tous les choix susceptibles de convenir vous sera alors proposée. Lisez les descriptions des options en cliquant sur les boutons Info et choisissez celui qui vous semble convenir le mieux.

Nous allons maintenant voir les fonctionnalités de recherche et de tri facilitant votre tâche d'administrateur :

1.3.1.2. Recherche d'un paquetage

Pour trouver un logiciel, entrez le nom (entier ou partiel), ou un mot en rapport avec ce paquetage dans le champ à côté du bouton Chercher. Puis choisissez où vous pensez que ce mot peut se trouver (dans le nom du paquetage, sa description, ou parmi les noms des fichiers contenus dans le paquetage). Cliquez sur Chercher et une nouvelle liste (Résultats de la recherche) apparaît, vous affichant les résultats que Rpmdrake a trouvés en interrogeant la base de données de paquetages.

Les différents choix de recherche sont :

Choix Mandriva Linux

Cette présentation reprend celle utilisée lors de l'installation de Mandriva Linux. C'est la plus facile, car seulement les paquetages jugés les plus utiles de la distribution seront affichés.

Tous les paquetages, classement alphabétique

Au lieu d'une vue arborescente, une liste de tous les paquetages disponibles est présentée.

Tous les paquetages, par groupe

Arborescence de tous les paquetages triés par groupe fonctionnel (jeux, système, vidéo, etc).

Tous les paquetages, par taille

Vous obtenez une liste des paquetages triés par taille.

Tous les paquetages, sélectionnés ou non

Cette présentation est une liste plate où tous les paquetages sélectionnés pour l'installation apparaissent en premier, puis viennent les autres paquetages.

Tous les paquetages, par média

Une arborescence dans laquelle les paquetages sont classés selon le média auquel ils appartiennent (voir Section 1.3.4, « Le gestionnaire des médias »).

Tous les paquetages, nouveaux ou mis à jour

Dans ce mode, vous obtenez deux branches (si des mises à jour sont disponibles) : la première donne la liste des paquetages disponibles à l'installation, la deuxième affiche les paquetages installés pour lesquels une mise à jour est disponible.

1.3.2. Suppression de logiciels

Cette interface est identique à celle que nous venons de voir pour l'installation des paquetages (Section 1.3.1, « Installer des logiciels »), donc nous ne répéterons pas ici ses fonctions de bases.

1.3.3. Mise à jour Mandriva Linux

Lorsque vous lancez Mandriva Linux Update, il vous demande en premier lieu de choisir un « dépôt » sur Internet pour aller chercher les mises à jour. Choisissez-en un situé dans un pays près du vôtre.

Une légère différence par rapport à l'interface d'« installation de paquetages » est que vous pouvez choisir quelle sorte de mise à jour vous souhaitez installer en les groupant de certaines façons. Vous pouvez sélectionner :

Mises à jour de sécurité

Elles règlent des problèmes de sécurité et doivent être installées en priorité.

Corrections de bogues

Elles abordent des problèmes de comportement des applications.

Mises à jour normales

Elles n'apportent que des améliorations mineures.

L'autre différence est la zone de texte supplémentaire (Raison de la mise à jour) sous la description du paquetage. Elle fournit des informations sur la raison de cette mise à jour. Cela peut vous aider à décider si telle ou telle mise à jour est utile ou non. C'est particulièrement utile si vous avez une connexion Internet lente ou si vous payez au volume transféré.

1.3.4. Le gestionnaire des médias

Cette partie de Rpmdrake est dédiée à la définition des médias de paquetages disponibles. Comme vous pouvez le voir dans Figure 5.4, « Le gestionnaire de médias », certains médias sont déjà disponibles : « Main », « Contrib », etc. Avec cet outil, vous pouvez ajouter d'autres médias logiciel : un CD que vous avez récupéré contenant des RPM, un média réseau sur Internet, etc.

Figure 5.4. Le gestionnaire de médias

Le gestionnaire de médias

Les cases à cocher sur la gauche vous permettent de désactiver temporairement un média : lorsque la case n'est plus cochée, les paquetages de ce média n'apparaîtront plus dans l'interface d'installation ou de mise à jour des paquetages logiciel.

Activé?

Décochez cette boîte pour désactiver temporairement le média correspondant. Les paquetages que ce média contient ne pourront pas être installés à moins que vous ne réactiviez ce média.

M.à.J.?

Cette boîte doit être cochée à côté du média de mise à jour, c'est-à-dire celui qui contient les paquetages de mise à jour. Ainsi, seuls les médias de mise à jour seront pris en compte lorsque vous chercherez des mises à jour.

Différentes actions peuvent être réalisées sur les médias via plusieurs boutons.

Supprimer

Permet de supprimer un média que vous ne souhaitez plus utiliser. Sélectionnez le média à enlever de la liste, puis cliquez sur ce bouton.

Éditer

Permet de changer les paramètres du média sélectionné, comme l'URL ou le chemin relatif vers le fichier synthesis/hdlist.

Vous pouvez paramétrer un média afin qu'il soit accessible par l'intermédiaire d'un mandataire spécifique en cliquant sur Mandataire. Vous pouvez aussi définir un mandataire global pour tous les médias distants en cliquant sur Mandataire depuis l'interface principale.

Cette option permet aussi de passer des fichiers hdlist aux fichiers synthesis.

[Note] Note

Les fichiers de synthèse ne contiennent que le nom du paquetage, ses dépendances et un court résumé : vous ne pourrez pas, par exemple, faire de recherches sur les fichiers fournis par un paquetage non installé, ou consulter sa description complète.

Ajouter

Ce bouton permet d'ajouter toutes les sources officielles de paquetage à partir de dépôts Internet. Cette option est pratique si vous avez une connexion Internet rapide ou si vous avez seulement le premier CD d'installation sous la main. Choisissez un miroir situé à proximité près de chez vous.

Une fois que vous avez choisi votre miroir et cliquez sur OK, l'information relative aux paquetages de la source choisie est téléchargée et vous pouvez installer ou mettre à jour tous les paquetages abrités par cette source média.

Ajouter la source personnalisée

Permet d'accéder à une nouvelle fenêtre pour ajouter un nouveau média.

Mettre à jour

Vous obtiendrez une liste de tous les médias configurés. Vous pourrez ainsi choisir ceux que vous souhaitez mettre à jour : cliquez sur le bouton Mettre à jour pour lancer la mise à jour. Ceci est notamment utile pour les médias distants auxquels sont ajoutés de nouveaux paquetages.

Gérer les clés

Il est important que les nouveaux paquetages logiciel que vous installez soient authentifiés. Pour cela, chaque paquetage peut être signé électroniquement avec une « clé », et vous pouvez autoriser/interdire des clés pour chaque média. Sur Figure 5.5, « Rpmdrake — gestion des clés  », vous pouvez voir que la clé de Mandriva Linux est autorisée pour le média « Installation CD ». Cliquez sur Ajouter une clé pour autoriser une autre clé pour ce média (attention, procédez avec précaution, comme pour toutes les questions relatives à la sécurité de votre système), et sur Supprimer une clé pour enlever la clé du média sélectionné.

[Avertissement] Avertissement

Comme avec toutes les questions reliées à la sécurité, assurez-vous de bien savoir de quoi il en retourne avant d'enlever des clés.

Figure 5.5. Rpmdrake — gestion des clés

Rpmdrake — gestion des clés

Mandataire

Si votre ordinateur est placé derrière un pare-feu, mais que vous souhaitez néanmoins utiliser les possibilités qu'offre Rpmdrake d'accéder à des médias sur Internet (pour les mises à jour notamment), il peut être nécessaire de passer par un serveur mandataire (ne serait-ce que pour l'accès à certains serveurs de paquetages). Remplissez le champ Nom du serveur mandataire et éventuellement les Nom d'utilisateur et mot de passe pour se connecter au mandataire. Confirmez alors votre configuration en cliquant sur OK.

Figure 5.6. Rpmdrake — configurer un mandataire

Rpmdrake — configurer un mandataire

Parallèle

Si vous utilisez un grand réseau d'ordinateurs, vous pouvez souhaiter installer un paquetage logiciel sur tous les ordinateurs, en parallèle ; ce bouton ouvrira une fenêtre vous permettant de configurer le mode « Parallèle ». Consultez la man page pour plus d'informations à propos du mode parallèle.

Options générales

Cette boîte de dialogue permet de changer d'utilitaire de téléchargement des nouveaux paquetages, et de désactiver la vérification des paquetages par rapport aux clés de chiffrement. Ces choix sont utilisés pour toutes les sources.

Flèches haut et bas

Ces boutons permettent de changer l'ordre dans lequel les sources sont prises en compte lorsque le système essaye d'installer un paquetage.

[Note] Pour les utilisateurs avancés

Rpmdrake traite le fichier de configuration de urpmi (/etc/urpmi/urpmi.cfg) de haut en bas pour obtenir la liste de sources média et les paquetages que chaque source abrite.

Si un fichier donné apparaît dans plus d'un média et que les versions diffèrent, le paquetage le plus récent sera installé, ignorant les autres.

Si un paquetage se retrouve dans deux médias et que la version du paquetage est la même, seulement le paquetage apparaissant dans la première source listée dans urpmi.cfg sera utilisé, ignorant les autres.

Quoi qu'il en soit, vous ne manquerez pas les paquetages disponibles.

1.3.5. Gestion des groupes d'ordinateurs

1.3.5.1. Définition des groupes

Le mode parallèle de Rpmdrake permet de gérer les paquetages de manière globale sur tout un groupe de machines. Cela simplifie sensiblement l'administration d'un grand nombre de machines comme un réseau local. Assurez-vous que les paquetages park-rpmdrake, urpmi-parallel-ssh et urpmi-parallel-ka-run sont installés.

[Note] Note

Cet outil n'est disponible qu'en mode expert. Choisissez le menu OptionsMode expert puis rendez-vous dans la section Gestionnaire de logiciels du Centre de contrôle Mandriva Linux.

Une fois l'application ouverte, utilisez le bouton Nouveau groupe pour créer un nouveau groupe de machines : choisissez lui un Nom, sélectionnez le Protocole à utiliser (ssh dans notre exemple), puis cochez les réseaux à scanner (pour détecter les machines) ou ajoutez de nouveaux réseaux (par défaut, seul le réseau local est listé). Cliquez enfin sur Scan.

[Note] Note

Les hôtes à gérer doivent présenter un serveur ssh, et le port correspondant (tcp/22 par défaut) doit être ouvert sur le pare-feu éventuel. Le paquetage rsync devra aussi y être installé. Enfin, l'utilisateur root doit être autorisé à se connecter en utilisant ssh (PermitRootLogin yes dans /etc/ssh/sshd_config, sur chaque hôte).

Attendez la fin du scan réseau, puis cochez les hôtes à incorporer au groupe.

Figure 5.7. Ajouter des machines à un groupe

Ajouter des machines à un groupe

Le mot de passe root vous est alors demandé pour chacun des hôtes sélectionnés.

1.3.5.2. Gestion des paquetages du groupe de machines
[Note] Note

Afin que le mode parallèle fonctionne, il est nécessaire que tous les hôtes du groupe soient disponibles.

Il suffit de sélectionner le groupe à gérer puis presser le bouton Utiliser le groupe. Vous pouvez alors installer des paquetages sur tous les hôtes du groupe comme vous le feriez pour une seule machine.

Il est aussi possible d'utiliser la ligne de commande :

urpmi --parallel
   <group_name> <package_name>

En utilisant urpmi --parallel Conception gimp, vous installerez GIMP sur tous les ordinateurs faisant partie du groupe Conception.

Pour supprimer un paquetage d'un groupe de machines, utilisez :

urpme --parallel
   <group_name> <package_name>

Par exemple, lancez urpme --parallel Conception gcc pour enlever le compilateur C des machines du même groupe.